Mais pourquoi on se traine ?

Quel passager ne s’est jamais demandé pourquoi son train n’avait pas l’air de vouloir avancer ?

L’explication la plus courante est, tout simplement, la présence d’un train devant le votre. Je vous entend déjà me dire que vous n’avez jamais vu ce fameux train. Normal ! Il est généralement environ 2 km devant vous.

Pourquoi une telle distance ? A cause des performances de freinage des trains. Le contact rail/roue, c’est à dire acier/acier permet de rouler à grande vitesse à cause de la faiblesse des frottements. L’inconvénient est que, cette faiblesse, combinée au poids des rames, limite fortement les capacités de freinage d’un train. En conditions normales, il faut approximativement 1 Km pour arrêter un train roulant à 160 km/h. A 300 km/h, un TGV mettra 3,2 Km pour vous amener de la pleine vitesse à l’arrêt à quai.

Vous comprenez donc que la distance entre deux trains se suivant doit être importante pour éviter qu’ils ne se rentrent dedans si le premier s’arrête. Ce type d’accident, nommé rattrapage, est évité en assurant l’espacement des trains au moyen de signaux lumineux.

Le mode d’espacement le plus courant est le BAL, Block Automatique Lumineux. La présence du train sur la voie est détectée par des circuits de voie qui ferment automatiquement les signaux derrière lui.

En raison de la distance de freinage nécessaire pour obtenir l’arrêt, la protection d’un train est assurée par deux signaux successifs : à l’entrée du canton occupé, un feu rouge (le sémaphore) et, à l’entrée du canton précédent, un signal jaune (l’avertissement). De son côté, un signal vert (voie libre) permet de circuler a vitesse normale.

Voici comment le passage d’un train actionne la signalisation (les cantons libres sont symbolisés par une case blanche, les cantons occupés par une case rouge) :
BAL

Lorsque le conducteur rencontre un signal vert, il poursuit sa route à la vitesse maximale autorisée pour son train sur cette section de ligne.

Quand il rencontre un signal jaune, l’avertissement, il doit être en mesure de s’arrêter au signal suivant. Il commence donc son freinage.

Quand il arrive sur un feu rouge, le sémaphore, il immobilise son train au pied du signal avant de pénétrer dans le canton occupé. Là encore, pour ne pas percuter le train précédent, cela se fait à vitesse réduite : en marche à vue. La marche à vue est une allure qui permet au conducteur d’arrêter son train dans la portion de voie qu’il peut voir. Dans tous les cas, elle ne peut pas dépasser 30 km/h. En cas de brouillard ou si la voie décrit des courbes limitant la visibilité, elle peut se faire au pas.

Si le train précédent est plus lent ou marque de nombreux arrêts pour desservir des gares, jusqu’à ce qu’il puisse être garé, le votre peut se trouver obliger de franchir plusieurs cantons à vitesse réduite.

Ca peut être rageant mais, ne l’oubliez jamais, c’est pour votre sécurité.

Agent circulation à la SNCF, passionné de chemin de fer, de photo et de nouvelles technologies.

Publié dans Mais pourquoi ?

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